Jenny Kim : Vivre avec l’art, le design et l’architecture
Pour Jenny Kim, la collection commence par la manière dont les objets vivent dans l’espace.
La fondatrice basée à Shanghai des marques chinoises de mode MO&Co. et edition n’a pas construit sa collection autour des classements aux enchères, des prévisions d’investissement ou de l’idée de posséder les noms les plus reconnaissables.
Son point de départ était le design.

Elle est devenue fascinée par les intérieurs, l’architecture, les matériaux et la manière dont les objets communiquent entre eux dans une pièce.
Cet intérêt s’est finalement étendu à l’art.
Aujourd’hui, Kim vit avec une collection qui peut passer du mobilier huanghuali de la dynastie Ming aux peintures monochromes sombres de Pierre Soulages, en passant par la sculpture minimaliste associée à Constantin Brâncuși et la statuaire bouddhiste.
Sur le papier, la collection est éclectique.
À l’intérieur de sa maison, cependant, les objets sont reliés par l’atmosphère, la proportion et l’intuition personnelle.
Axel Vervoordt et l’influence du Wabi-Sabi
Une des influences majeures de Kim est le collectionneur, marchand et designer belge Axel Vervoordt.
Vervoordt est devenu internationalement connu pour ses intérieurs qui combinent art contemporain avec mobilier historique, objets anciens et retenue architecturale.
Son approche est étroitement liée à la philosophie japonaise du wabi-sabi.

Cette idée valorise l’imperfection, l’âge, les matériaux naturels et la beauté des objets qui révèlent le temps.
Pour Kim, cette philosophie offrait une alternative aux intérieurs construits autour de surfaces neuves parfaites.
Une pièce n’a pas besoin de contenir des objets du même siècle.
Une peinture contemporaine peut coexister avec un mobilier ancien.
Une surface de pierre brute peut rendre une sculpture polie plus intense.
La relation importe plus que la catégorie.
La collection a commencé par le design
La collection de Kim s’est développée à travers le mobilier et les objets.
Cela est significatif car beaucoup de collectionneurs d’art évoluent dans la direction opposée.
Ils commencent par la peinture et s’étendent ensuite vers le design.
Kim comprenait déjà comment l’échelle, la texture et le matériau influencent un espace.

Cela rendait naturel d’évaluer les œuvres non seulement comme des objets isolés mais comme des parties d’un environnement plus vaste.
Une peinture change quand elle est placée au-dessus d’une table Ming.
Une figure bouddhiste se ressent différemment à côté d’un mobilier minimaliste.
La collection devient une forme de composition spatiale.
Mobilier huanghuali de la dynastie Ming
La maison de Kim comprend du mobilier huanghuali de la dynastie Ming.
Le huanghuali est un bois dur chinois très prisé, associé au mobilier raffiné produit particulièrement durant les périodes Ming et début Qing.
Les meilleurs exemples sont admirés pour leurs proportions élégantes, leur construction sobre et leur beau grain.

Contrairement au mobilier fortement décoré, les pièces Ming obtiennent souvent leur impact par la structure.
Cela se relie directement à l’intérêt de Kim pour le minimalisme.
Une table chinoise vieille de plusieurs siècles peut partager des principes visuels avec l’architecture moderne.
Les deux peuvent dépendre de la proportion plutôt que de l’ornement.
Pierre Soulages et la puissance du noir
Le peintre français Pierre Soulages occupe une autre partie du monde visuel de Kim.
Soulages est devenu célèbre pour son exploration permanente du noir.
Ses œuvres tardives sont associées au terme Outrenoir, ou au-delà du noir.
Plutôt que de considérer le noir comme un vide, Soulages utilisait des surfaces épaisses, le grattage et une texture directionnelle pour faire interagir la lumière avec la peinture.

Le résultat change selon la position du spectateur.
Pour un collectionneur intéressé par l’espace intérieur, cela rend Soulages particulièrement captivant.
La peinture ne se contente pas de pendre au mur.
La lumière l’active tout au long de la journée.
Constantin Brâncuși et la simplicité radicale
Kim est également attirée par le langage sculptural de Constantin Brâncuși.
Brâncuși réduisait les sujets à des formes essentielles.
Oiseaux, têtes et corps devenaient des volumes polis qui semblent à la fois anciens et modernes.
Son travail a eu une énorme influence sur la sculpture et le design du XXe siècle.
La relation avec la collection plus large de Kim est compréhensible.

Les formes de Brâncuși nécessitent de l’espace.
Leur simplicité apparente rend chaque objet environnant plus important.
Un environnement encombré peut les affaiblir.
Un intérieur sobre peut faire ressentir les sculptures presque architecturales.
Sculpture bouddhiste et présence méditative
Les statues bouddhistes introduisent une autre échelle temporelle.
Ce ne sont pas simplement des antiquités décoratives.
Leur but historique était spirituel.
Cela crée une présence différente à l’intérieur d’une collection privée.

Kim s’intéresse à leur qualité méditative.
Placées à côté d’art moderne et contemporain, les sculptures révèlent comment différentes cultures et périodes ont cherché la quiétude, la transcendance et la forme simplifiée.
Une figure bouddhiste et une sculpture de Brâncuși peuvent venir de mondes complètement différents.
Pourtant, les deux peuvent produire une expérience de concentration.
C’est ainsi que fonctionne la collection de Kim : par résonance plutôt que par chronologie.
L’intuition avant les tendances du marché
Kim ne croit pas à la collection selon les tendances.
Elle achète des œuvres parce qu’elles lui parlent.
Cela peut sembler le conseil familier de « acheter ce que vous aimez », mais son approche est plus disciplinée.

L’intuition est soutenue par des années d’observation de l’architecture, du mobilier, de l’art et des intérieurs.
La réponse devient informée même lorsqu’elle reste émotionnelle.
Un collectionneur expérimenté peut reconnaître la qualité avant de pouvoir l’expliquer complètement.
Cet instinct se développe par l’exposition.
L’art n’est pas principalement un investissement
Kim est également claire sur le fait que la collection ne doit pas commencer par une attente financière.
L’art peut prendre de la valeur.
Cela ne fait pas de la croissance future du prix la raison de le posséder.

Une œuvre achetée principalement comme investissement peut devenir psychologiquement difficile à vivre.
Le propriétaire commence à regarder les résultats des enchères au lieu de regarder l’objet.
La collection de Kim est conçue autour de l’expérience quotidienne.
Les œuvres doivent supporter des contacts répétés.
La maison est le véritable espace d’exposition
Certains collectionneurs construisent des collections principalement stockées et vues seulement occasionnellement.
Kim préfère que l’art reste partie intégrante de la vie quotidienne.
Cela donne à la maison un rôle important de commissariat.
L’agencement n’est pas figé.
Le mobilier, les œuvres et les objets décoratifs peuvent bouger.

La lumière naturelle change les relations.
Une pièce évolue avec le collectionneur.
C’est très différent d’une galerie de musée.
La maison n’a pas besoin de murs neutres ni d’une séquence historique.
La collection peut rester intime.
Mode, art et design se chevauchent
Le monde professionnel de Kim est la mode.
Ce passé influence inévitablement son regard.
La mode implique silhouette, texture, proportion, rythme et références culturelles.

Les mêmes concepts apparaissent dans l’art et le design.
Diriger MO&Co. et edition signifie aussi que Kim vit dans une entreprise créative où les décisions visuelles sont constantes.
La collection n’existe pas séparément du travail.
Elle appartient à cette même curiosité plus large sur la manière dont les gens construisent leur identité à travers les objets et les espaces.
Sa mère était peintre
Le lien familial avec l’art a commencé avant que Kim ne devienne collectionneuse.
Sa mère aimait la peinture.
Elle n’est jamais devenue une artiste célèbre, mais la pratique a eu une profonde influence sur Kim.

C’est un rappel important que l’héritage artistique ne dépend pas de la reconnaissance publique.
Un parent qui peint en privé peut façonner la compréhension de la créativité d’un enfant aussi fortement qu’une collection célèbre.
L’influence peut rester invisible pendant des années.
Plus tard, elle devient partie des choix de la génération suivante.
Transmettre l’art à sa fille
La fille de Kim est encore jeune mais répond déjà aux œuvres.
Elle dit à sa mère quelles pièces elle trouve jolies ou mignonnes.
Elle aime aussi dessiner.
Kim a remarqué une qualité étonnamment mature et légèrement sombre dans certaines images de sa fille.

La mère ne veut pas imposer la collection ou l’art.
Elle laisse plutôt la curiosité se développer naturellement.
Cela peut être la forme la plus forte d’héritage culturel.
Une exposition sans obligation.
La maison deviendra finalement partie de l’héritage
Kim n’a pas de plan de succession rigide dictant où chaque œuvre doit aller.
Sa fille héritera un jour de la maison.
La collection en fera partie.
Cela signifie que l’héritage se fera à travers l’espace vécu plutôt que par une liste d’actifs.
Une chaise peut rappeler les repas d’enfance.
Une peinture peut être liée à un mur particulier.
Une sculpture peut porter des souvenirs de conversations familiales.
Les objets deviennent partie de la biographie.
L’art doit devenir une histoire familiale
La définition de l’héritage selon Kim est donc relativement simple.
L’art doit passer naturellement à travers la famille.
La génération suivante peut le réarranger.
Certaines œuvres peuvent devenir plus importantes.
D’autres peuvent éventuellement partir.
Ce qui importe, c’est que l’art soit déjà devenu partie du langage visuel de la famille.
Une collection survit mieux lorsque les héritiers ont vécu avec elle avant de la posséder.
Note éditoriale
ArtExpoWorld estime que la collection de Jenny Kim démontre que la cohérence ne nécessite pas de collectionner une seule période, un seul médium ou une seule géographie.
Le mobilier Ming, Pierre Soulages, Constantin Brâncuși et la sculpture bouddhiste pourraient facilement devenir une liste chaotique.
Ils ne le deviennent pas lorsque le collectionneur a une philosophie visuelle cohérente.
Le véritable thème de la collection de Kim est l’espace, le matériau et l’intensité silencieuse.
C’est ce qui relie les objets.
Son approche offre aussi une leçon utile pour l’héritage familial.
Les enfants n’ont pas besoin de cours sur la valeur financière de l’art.
Vivre avec des objets importants, voir les parents en prendre soin et être autorisé à développer une opinion indépendante peut créer un lien bien plus profond.
Une collection devient un héritage bien avant que les papiers de succession ne soient signés.







